Au milieu, sur cinq cents mètres carrés, des créatures fantasmagoriques taillées à même le granit dominent la mer. De 1893 à 1909, l’abbé Fouré, un prêtre a façonné plus de cinq cent mètres carrés d’une falaise de Rothéneuf, près de Saint-Malo. 300 sculptures étranges racontant la légende des Rothéneuf, une famille de naufrageurs, de contrebandiers de la région.
Force de la nature, énergique, l’abbé Fouré a connu un véritable drame vers 50 ans : suite à un accident cérébral, il devient peu à peu sourd et muet. Il abandonne son ministère, en 1893, et il va entamer son oeuvre monumentale sur les falaises de Rothéneuf.
Les Rothéneuf sont censés avoir existé au XVI e siècle près de cette pointe de la côte d’Emeraude. Ils auraient vécu de pêche, de chasse et de diverses rapines et contrebandes. Ses membres se déplaçaient sur des navires très efficaces, les « flèches à flot », qui leur permettaient de rattraper les vaisseaux passant au large. Corsaires, voire pirates, les Rothéneuf auraient donc amassé peu à peu un immense trésor et mis la région en coupe réglée. L’abbé Fouré sculpte une cinquantaine de personnages différents, aux noms pittoresques : Gargantua, et ses lieutenants La Bigne, La Haie, Bennetin, Rochefort, le Grand Chevreuil, La Goule, les Trois-Pierres, L’Ours, le Petit-Pointu…
Les Rothéneuf avaient un don : une vue extrêmement perçante, due à l’absorption d’eau légèrement ferrugineuse baignant les rochers. Sur leur flottille de galères, ils dominèrent la côte un siècle durant par leur intrépidité et leur mépris du danger. Ce qui leur valut une relative estime de la part de Louis XIV et la considération des corsaires malouins. Les Rothéneuf étaient une famille puissante et respectée quand survint la Révolution. Quelques membres de la famille se découvrirent une âme de révolutionnaire, les autres rejoignirent les Chouans. Les luttes fratricides commencèrent et avec elles débuta la fin des Rothéneuf. Peu à peu, ils perdirent de leur pouvoir.
On s’acharna sur eux, la pitié n’existait pas pour les brigands, les luttes furent cruelles, femmes et enfants s’enfuirent et tombèrent sous les coups des soldats révolutionnaires.
Mais il fallait bien expliquer autrement la chute des Rothéneuf. Alors on raconte que vint une violente tempête de suroît qui brisa les galères. Les corps s’amoncelèrent sur la grève bordant le repère des Rothéneuf. De hideux monstres marins, attirés par l’odeur du sang, se régalèrent de la chair de la famille, engloutissant jusqu’au dernier des Rothéneuf. Le blason des Rothéneuf, un phoque flanqué de deux fleurs de lys disparut. Voilà ce qu’a fait revivre l’abbé Fouré, à coups de burin dans le granit.
Ses personnages, figés dans la pierre, sont toujours pleins de vie. Mais tous donnaient dans la cupidité, l’avarice, la paresse, la violence, la lubricité… L’abbé Fouré a sans nul doute romancé l’épopée des Rothéneuf. Quelques scènes s’inspirent de la vie courante de la famille, monsieur de Rothéneuf corrige son épouse, coupable d’avoir cédé aux charmes de «L’Egyptien ». Plus loin, La Buse et sa femme évaluent leur butin. Au-dessus, Lucifer, dominant la mer, médite ce quatrain :
Frêles quilles, puissantes hélices
Qui confiantes provoquez les flots
Prenez bien garde à leurs caprices
Leur traîtrise n’est pas un vain mot.
On peut faire un pèlerinage à l’ermitage de Rothéneuf où vécut, sculptant le bois et le granit, le prêtre-artiste. L’ermite de Rothéneuf peuplait ses rochers de ses chimères, d’animaux – certains fabuleux -, de têtes de géants évoquant l’île de Pâques, de ducs et de saints bretons, de scènes qu’il puisait dans l’actualité et traduisait. Ce sont près de 225 œuvres qui ont été sculptées sur près de 500m², mais seules 180 peuvent être encore aperçues aujourd’hui. L’érosion en a effacé une partie.
Il est temps de rendre hommage à celui qui fut vraiment un précurseur. Depuis plus de cent ans, le vent, les tempêtes, l’air marin, les marées, les lichens et le passage incessant des visiteurs, effacent peu à peu les œuvres. Au temps de l’abbé, imaginez que les sculptures étaient peintes. Dans l’histoire officielle de l’art, Adolphe Fouré n’a laissé presqu’aucune trace. Mais il intéresse les passionnés d’art brut. Une association lutte pour la protection de cette oeuvre d’art : les amis de l’oeuvre de l’Abbé Fouré.
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Liens externes
Association – Rochers à Rothéneuf (rochersrotheneufartbrut.com)
Association Les Amis de l’Œuvre de l’Abbé Fouré













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