Escapade artistique à Giverny : sur les traces de Monet. Giverny, un charmant village, nom célèbre grâce à la demeure choisie par un grand artiste ! C’est le lieu le plus visité en Normandie après le Mont St Michel ! La propriété fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 avril 1976
En quelques mots la vie du peintre. Claude Monet est né en 1840 à Paris et grandit au Havre. Il y rencontre des peintres comme Eugène Boudin et Jongkind qui lui donnent le goût de la peinture en plein air. Il se rend à Paris pour étudier et rencontre Renoir, Sisley et Bazille.
Il admire Manet et travaille à Trouville aux côtés de Courbet. En 1871, à Londres il découvre Turner. C’est à cette époque qu’il commence à admirer les estampes japonaises
Avec de grosses difficultés d’argent, marié à Camille dont il a un enfant Jean, il expose avec des peintres que l’on nommera impressionnistes en raison d’une toile de 1872 que Monet avait intitulée “ Impression” soleil levant. En 1876 il est invité chez un homme d’affaire Ernest Hoschedé à Montgeron et il se lie d’amitié avec le couple. Mais Ernest est ruiné et s’enfuit en Belgique.
Sa femme et Mme Monet décident de passer l’été dans une maison louée à Vetheuil mais Monet n’a pas d’enthousiasme pour cette demeure. Un deuxième enfant est né dans la famille Monet mais Camille meurt de la tuberculose.
Alors Alice Hoschédé décide d’élever ses deux enfants avec les siens. Monet a visité le Vexin et a trouvé une maison et terrain de plus d’un hectare à Giverny en 1883. Une allée centrale ombragée par des sapins le traverse. Monet fait abattre les pins, ne conservant que les deux ifs les plus près de la maison, à la demande d’Alice. Avec son crépi rose de briques pilées et ses portes et volets verts, n’évoque t-elle pas irrésistiblement un tableau impressionniste du siècle dernier ?
Claude Monet a vécu dans cette maison pendant 43 ans de 1883 à 1926, ce qui lui a permis d’agrandir celle-ci et de l’agencer à son goût.
Une grange à gauche sans étages, Monet en fait de suite son atelier et salon où il aime s’asseoir et fumer en examinant ses toiles. Au-dessus de son atelier, Monet ajoute un étage et s’aménage une grande chambre à coucher et un cabinet de toilette.
C’est dans ce lit très simple que Monet dormait, et qu’il a rendu son dernier soupir le 5 décembre 1926.
Tout le côté gauche de la maison est donc réservé à Monet, qui y possède son espace de travail et de repos. A l’étage, des chambres sont aménagées pour les quatre filles d’Alice Hoschedé-Monet. Les deux fils d’Alice et les deux fils de Claude logent dans les combles.
L’escalier principal descend vers la salle-à-manger, la pièce la plus spectaculaire de la maison. Monet ne veut pas de pièces sombres, il les fait peindre en deux tons de jaune de chrome. Cette couleur vibrante met en valeur la vaisselle de faïence bleue exposée dans les buffets.
Tous les murs sont recouverts d’estampes japonaises
La salle-à-manger communique avec la cuisine pour faciliter le service bien sûr mais aussi pour que les convives aperçoivent la couleur en harmonie avec le jaune de la salle-à-manger lorsque la porte est ouverte.
Les murs de la cuisine sont entièrement recouverts de carreaux de céramique de Rouen.
L’impression de fraîcheur donnée par le bleu est tempérée par l’impressionnante collection de casseroles en cuivre.
Un énorme fourneau à bois et charbon en fonte doit maintenir une forte chaleur dans la pièce.
Puis le petit salon-boudoir où Alice se tenait en compagnie de ses enfants. La pièce étonne par ses tons de bleus sur les murs comme sur le mobilier. Ils s’harmonisent aux estampes japonaises collectionnées passionnément toute sa vie durant. Le peintre en possédait plus de deux cents. Il aimait s’en entourer et s’en inspirer.
Voyons l’atelier des nymphéas pour peindre avec une bonne lumière.
Les chevalets et quelques tréteaux roulants sont encore là ainsi que le canapé. Le peintre jouissait d’une vue magnifique sur son jardin. Monet expose dans sa chambre les toiles impressionnistes de ses amis, Cézanne, Renoir, Pissarro, Sisley, Morisot, Boudin, Manet, Signac.
Claude et son épouse Alice font chambre à part, comme c’est l’usage dans les familles bourgeoises, mais leurs appartements communiquent par les cabinets de toilette. La chambre frappe par sa simplicité. Elle est décorée d’estampes japonaises représentant des personnages féminins. Depuis sa chambre, Alice pouvait surveiller les allées et venues dans l’escalier et garder un œil sur les enfants.
Il est temps de s’aérer un peu ! Allons dans les deux jardins.
Un jardin de fleurs devant la maison, qu’on appelle le Clos Normand, et un jardin d’eau d’inspiration japonaise de l’autre côté de la route. Les deux parties du jardin de Monet s’opposent et se complètent.
Les arbres fruitiers ou d’ornement dominent les rosiers grimpants. Monet mêle les fleurs les plus simples (pâquerettes et coquelicots) aux variétés les plus recherchées. L’allée centrale se couvre d’arceaux sur lesquels poussent des rosiers grimpants. En écho, d’autres rosiers couvrent les balustrades qui longent la maison.
Claude Monet n’aime pas les jardins organisés ou contraints. Il allie les fleurs en fonction de leurs couleurs et les laisse pousser assez librement. Au fil des années, il se passionne pour la botanique, il échange des plants avec ses amis Clémenceau ou Caillebotte.
il fait venir à grand frais des bulbes ou des jeunes pousses. “Tout mon argent passe dans mon jardin” , confia-t-il. Mais aussi : “je suis dans le ravissement.”
L’accès au jardin d’eau se fait par un souterrain. En 1893, dix ans après son arrivée à Giverny, Monet achète le terrain qui voisine sa propriété de l’autre côté de la voie de chemin de fer. Il est traversé par un petit cours d’eau, le Ru, une dérivation de l’Epte.
Le jardin d’eau tout en asymétrie et en courbes, s’inspire des jardins japonais
On trouve dans ce jardin d’eau le fameux pont japonais couvert de glycines, d’autres ponts plus petits, des saules pleureurs, une forêt de bambous, et surtout les fameux nymphéas qui fleurissent pendant tout l’été.
Jamais encore un peintre n’a à ce point façonné son motif dans la nature avant de le peindre, créant son œuvre deux fois.
Monet y puise son inspiration pendant plus de vingt ans. Après la série des ponts japonais il se consacre à celle des nymphéas, jusqu’aux gigantesques décorations de l’Orangerie.
Toujours à la recherche de brumes et de transparences, Monet s’attache de plus en plus aux reflets dans l’eau, une sorte de monde inversé transfiguré par l’élément liquide.
Et le pont japonais !
Monet l’a peint 45 fois ! couvert de glycines. A la mort de Claude Monet en 1926, la maison et le jardin reviennent à son fils Michel. la belle-fille de Monet, Blanche Hoschedé, ils veillent sur la propriété.
Malheureusement après la deuxième guerre mondiale le jardin et la maison sont négligés. En 1966 Michel Monet lègue la propriété à l’Académie des Beaux-Arts. Grâce à des dons généreux en majorité américains, la façade de la maison est ravalée, les meubles anciens et les estampes japonaises sont restaurés, les structures d’accueil se mettent en place. La propriété est ouverte au public depuis septembre 1980.
Il est important de souligner une amitié profonde et indéfectible entre Clémenceau et Monet, deux hommes deux caractères!
Georges Clemenceau écrivait affectueusement à Monet : « Mon vénérable débris » ou « Mon vieux cœur ».
Clemenceau se rend régulièrement à Giverny. Le 12 novembre 1918, au lendemain de l’Armistice, Monet écrivait à Georges Clemenceau : « Cher et grand ami. Je suis à la veille de terminer deux panneaux décoratifs que je veux signer le jour de la Victoire et viens vous demander de les offrir à l’État, par votre intermédiaire ; c’est peu de chose mais c’est la seule manière que j’ai de prendre part à la Victoire. […] Je vous admire et vous embrasse de tout mon cœur. »
Ces panneaux sont les Nymphéas.
Il faudra sept longues années à Monet pour achever son travail
Le Tigre va se battre pour trouver un musée pour exposer le travail de son ami : ce sera le musée de l’Orangerie. Le 22 avril 1922, Georges Clemenceau écrit à Claude Monet cette belle déclaration : «Je vous aime parce que vous êtes vous, et que vous m’avez appris à comprendre la lumière.
Vous m’avez ainsi augmenté. Tout mon regret est de ne pas pouvoir vous le rendre. Peignez, peignez toujours, jusqu’à ce que la toile en crève
Lors des obsèques du peintre, Clemenceau dans un geste élégant enleva le drap funéraire recouvrant le cercueil de son ami, s’écriant : « Non ! Pas de noir pour Monet », lui substituant une « cretonne ancienne aux couleurs des pervenches, des myosotis et des hortensias »[8], puis suivant le convoi vers le cimetière de l’église Sainte-Radegonde de Giverny, il s’écroule en pleurs
Le 17 mai 1927, six mois après la mort de Claude Monet, fut inaugurée l’exposition des Nymphéas, installée à l’Orangerie
Le meilleur moment pour visiter Giverny dépend avant tout de vos attentes.
La maison et les jardins de Claude Monet – Giverny sont ouverts tous les jours :
Du 1er avril au 1er novembre 2026
De 10h à 18h, dernière admission à 17h30
vous tomberez sous le charme de ce lieu enchanteur de l impressionnisme
Bonne visite
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